Degrés de lumière - Castagna & Ravelli

Sur une idée originale de Castagna & Ravelli · Création musicale Michele Tadini assisté de David Goubes · Réalisation “ chromatophore ” Gilles Le Blevennec (CEA, Liten), Angelo Guiga (CEA Leti)
Production Atelier Arts-Sciences

Cette installation sonore et visuelle, proposée par trois artistes italiens, constituée de deux parties met en relation lumière et musique dans un mouvement perpétuel allant du passé au présent. Elle a été présentée lors des Rencontres-i, Biennale Arts-Sciences 2011 à la Bastille - Grenoble. Deux chercheurs du CEA, Gilles Le Blevennec (CEA Liten) et Angelo Guiga (CEA Leti) ont travaillé de concert avec les artistes sur la recherche sur la conception du Chromatophore.

De l’obscurité à la lumière : cheminement jusqu’à l’origine de l’énergie

L’impénétrable, l’invisible et les réflexions sur la création et l’espace absolu sont des thèmes du romantisme dont s’inspire l’installation multimédia Degrés de Lumière, présentée dans deux salles : 2700 degrés Kelvin et Chromatophore. L’œuvre a été créée “in situ”. Elle part des réflexions scientifiques sur la perception et de réminiscences philosophiques sur le symbolisme de la lumière, icône de la vie et de la divinité. L’installation est conçue comme un parcours initiatique de purification de l’esprit du regard. Le spectateur est conduit lentement de l’entrée à la sortie, de l’obscurité à la lumière, de l’ombre jusqu’à l’aura du vide, jusqu’à la manifestation d’une source primaire d’énergie.

Le Chromatophore

Le regard neuf, le spectateur toujours enveloppé d’obscurité, accède à la seconde salle au centre de laquelle se trouve le “Chromatophore”, corps lumineux (constitué de LED), capable de combiner les couleurs primaires pour produire des nuances, des tonalités diverses. Cet appareil, né de la collaboration avec les physiciens et les ingénieurs de Minatec à Grenoble, doit sa forme courbe au diagramme de chromaticité de la théorie mathématique. Cette sorte de “pierre philosophale”, irradiante de couleurs dynamiques, contient le mystère de l’énergie première et matérialise la blancheur aurorale qui est la somme des couleurs du spectre solaire. Cette “non- couleur”est par excellence, dans les arts visuels, le symbole de l’espace absolu. Les couleurs influencent notre perception du monde, agissent subjectivement sur notre psyché. La chromathérapie, appliquée à des troubles psychosomatique, l’a démontré. Mais, dans ce cas, la somme des couleurs introduit des principes combinés pour arriver au Blanc Suprême, métaphore de l’espace absolu, de l’innocence, de la pureté, de la vérité. L’espérance prend forme dans cette « « grotte » et la musique, rythme le mouvement de la lumière. Le spectateur est plongé au centre du corps résonant, la musique recueille et amplifie les mouvements de la lumière. Il amplifie l’énergie résiduelle, en la réverbérant dans l’espace : La structure harmonique du prélude de Wagner est utilisée comme une résonance souterraine et une présence qui parvient à construire un nouveau son grâce à l’interactivité des différentes sources musicales ; saisissant les harmonies ancestrales d’un Nouveau Monde.

Jacqueline Ceresoli, journaliste

Le diagramme de chromaticité
L’œil humain est capable de discerner plus de 350.000 couleurs différentes. Il a donc été nécessaire d’effectuer un classement des couleurs de façon à les utiliser de manière simple et univoque. En 1931 la Commission Internationale de L’Eclairage (C.I.E), a montré que l’on pouvait représenter une couleur dans un espace à 3 di- mensions, rouge, vert, bleu, (R,V,B). Comme il est plus pratique de travailler dans un plan que dans un espace à 3 dimensions, il a été convenu de représenter une couleur par la projection sur le plan de coordonnées : R=1, V=1, B =1.

Tout point de ce plan peut être défini par deux coordonnées colorimétriques, bleu et rouge par exemple. Toutes les couleurs existantes ont un point associé à l’intérieur de ce triangle. Cette représentation simple posait un problème car cer- taines couleurs avaient des coordonnées négatives suivant un des axes de références. Pour s’affranchir de cet inconvénient, il a été choisi d’opérer une transformation linéaire de l’espace RVB pour obtenir des fonctions colo- rimétriques sans valeurs négatives. Le diagramme de chromaticité est le résultat de ces opérations. La périphérie de ce diagramme représente les couleurs pures du violet au rouge, spectrum locus ou lieu spectral. La droite joignant les extrémités rouge et bleu du spectre visible est appelée la droite des pourpres.

À lire  :
DEGRÉS DE LUMIÈRE - "Double vibration lumineuse et sonore" par Christiane Dampne, journaliste
LE CHROMATOPHORE - par Gilles Le Blevennec, CEA Liten