L’Écorce du vent

Lauréats du prix A.R.T.S. 2010, Pascal & Aurélie Baltazar et le scientifique Georges Zissis du Laboratoire Plasma et Conversion d’Energie de Toulouse III ont travaillé sur le projet L’écorce du vent.

Le projet, présentation des lauréats
Le spectacle L’écorce du vent a été le lieu d’un dévoilement successif de rideaux comme autant de couches de réalité, comme autant d’étapes d’une aventure silencieuse des espaces intervallaires, d’une méditation sensible sur le désir, l’attente, le regard...

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Descriptif du projet artistique

Le projet scénique en direction duquel nous comptions articuler la recherche se voulait être une tentative de “théâtre plastique”, de “scénographie en mouvement” explorant les possibles agencements entre les divers matériaux scéniques employés (son, lumière, matières, mouvement...), leurs dynamiques propres comme leurs dynamiques communes, afin de créer une écriture scénique sans frontières établies
entre son et image, entre plein et vide, entre visible et invisible.

Descriptif du projet scientifique / technologique

Le projet scientifique de cette proposition était lié à l’exploration des modes de fonctionnement transitoires habituellement évités dans les applications usuelles des sources de lumière. Ainsi ce travail permettra à l’équipe de recherche de mieux comprendre certains mécanismes physiques très peu étudiés jusqu’à aujourd’hui (résonances acoustiques et striations). Notre expertise a permi de mieux maîtriser et de provoquer ces phénomènes en fonction des besoins scénographiques. Pour cela nous avons développer une alimentation électronique spécifique pour lampes à décharge qui permettra l’exploitation de ces phases transitoires. Nous testerons également différentes solutions LEDs pour vérifier leur possibilité de répondre aux besoins spécifiques des artistes. Nous avons aussi pu expérimenter la perception visuelle de ces effets sur le spectateur, surtout dans des situations approchant les limites perceptuelles. Enfin, nous avons noté qu’un transfert technologique du monde de la recherche et de l’éclairage vers le monde de l’art ne pouvait être que bénéfique pour les deux partenaires et mutuellement enrichissant.

Description du travail de recherche commun à mener

Notre proposition pour cet atelier art-science a visé à mettre en œuvre un processus de recherche et d’expérimentation préalable à la production d’un projet scénique, autour de l’utilisation de la lumière comme matériau expressif à part entière, et de sa relation dynamique aux autres matériaux scéniques.

La collaboration art-science que nous proposons a été menée autour de trois axes :

  • une exploitation innovante de la technologie des LEDs,
  • une exploration des dispositifs expérimentaux de production de lumière,
  • une observation des effets de ces expérimentations sur la perception visuelle.

Cette recherche s’est déroulée en plusieurs étapes :

  • une importante phase d’expérimentation, de recherche et de développement des dispositifs lumineux, préalable et intermédiaire au travail sur le plateau,
  • un atelier de recherche et de création des dispositifs scénographiques et de leurs rapports aux dispositifs lumineux,
  • deux sessions d’expérimentation rassemblant ces éléments sur le plateau. La première session donnera lieu à une étude des effets perceptifs sur le spectateur des expérimentations menées auparavant. La deuxième se terminera par la présentation d’une petite forme au public.

L’équipe lauréate, artistes et scientifiques
Pascal et Aurélie Baltazar collaborent depuis 2006 à la création de formes dramaturgiques hybrides à l’intersection du sonore, du textuel et du scénique, alliant et déplaçant ainsi leurs pratiques respectives pour créer une écriture commune.
Leur préoccupation, à travers ces diverses formes d’expression, est la mise en scène d’espaces mentaux travaillant sur l’attente, la fragilité, la suggestion...
Ils ont déjà produit une pièce de poésie sonore électroacoustique, Froissement, et préparent actuellement un projet scénique, L’écorce du vent, ainsi qu’une pièce radiophonique pour voix de synthèse, (°v°) avec l’électroplasticien Pol Perez. Ils ont en projet un conte sonore pour jeune public, Les aventures de Gulup le courant d’air.

Aurélie Baltazar

Elle s’est investie dans des projets socio-humanitaires et a étudié les sciences politiques (IEP Lille) et l’anthropologie politique (EHESS Paris), elle a suivi plusieurs ateliers d’écriture, de mouvement et de mise en scène (V. Novarina, C. Riboli), publié dans plusieurs revues et reçu le prix de poésie de la Crypte en 2006.
Depuis 2007, elle se consacre à plein-temps à l’écriture et à la création artistique.
Deux textes poétiques sont en attente de publication.
Elle a produit la pièce sonore Froissement en collaboration avec Pascal Baltazar.
Elle prépare un récit ainsi qu’un projet scénique.
C’est l’indicible qu’elle cherche à sculpter dans le verbe, la voix ou l’image. L’absent du discours habituel. L’inabordé de soi ou d’autrui.

Pascal Baltazar

Compositeur intermedia, ses préoccupations principales portent sur la perception spatiale et temporelle du sonore, sur son rapport au corps, au geste musical et à l’espace.
Il développe pour cela ses propres lutheries informatiques gestuelles et étend son écriture musicale à l’aide de la lumière, de l’image et/ou de divers capteurs et actionneurs.
Après des études de philosophie (mémoire de maîtrise en esthétique sur la musique : L’image sonore, matériau et sensation, sous la direction de R. Carasco, 2001, Toulouse II), il suit les cours de B. Dubedout dans la classe de composition électroacoustique du Conservatoire National de Région de Toulouse.
Il a depuis lors mené ou collaboré à divers projets en tant que compositeur, réalisateur sonore, concepteur de dispositifs ou d’installations réactifs intermedia et été invité à plusieurs festivals internationaux : Présences Électroniques et Festival de Montpellier (Radio France), reBonds (Albi, France), Novelum (Toulouse), Borealis (Bergen, Norvège), Space+Place (Berlin), Synthèse (Bourges), Videomedeja (Novi Sad, Serbie)...
Il a reçu le 1er prix du concours SCRIME 2003, et une mention au concours de l’IMEB 2002, section œuvre multimedia, ainsi que des commandes de l’État Français, du GMEA, de l’IMEB, de l’INA-GRM, de la Maison Salvan et de BEK (Centre des arts électroniques de Bergen, Norvège).
Il a occupé, de janvier 2008 à juin 2010 le poste de responsable de la recherche au GMEA, Centre National de Création Musicale d’Albi-Tarn et a coordonné à ce titre la plateforme de recherche Virage sur les écritures intermedia dans les arts de la scène, missionnée par l’Agence Nationale de la Recherche dans le cadre de son programme Audiovisuel et Multimédia.

Georges Zissis

Il né à Athènes en 1964, est diplômé en physique de l’université de Crête (Grèce). Il est titulaire d’un master de recherche en sciences et d’un doctorat de l’université de Toulouse III (France).
Il est Professeur des Universités (Université de Toulouse III) et directeur adjoint du laboratoire Laplace, associant des chercheurs de l’Université Toulouse III, de l’Institut National Polytechnique et du CNRS.
Ses travaux concernent les sciences et technologies des sources lumineuses. Il dirige le groupe de Recherche “Lumière & Matière” du LAPLACE qui représente une force de 15 chercheurs dans le domaine de systèmes d’éclairage. Il a publié 69 articles scientifiques dans des journaux internationaux (répertoriés WoS) et 20 revues nationales, 1 livre à part entière et 12 chapitres dans d’autres ouvrages, il a donné 19 conférences.
invitées dans des manifestions scientifiques internationales de haut niveau et il a publié plus de 200 communications dans des conférences nationales et internationales.
Il a reçu en décembre 2006, le 1er prix du Century Challenge de la Commission Electrotechnique International (CEI) pour ses travaux de normalisation des systèmes d’éclairage urbain. En 2009 il s’est vu remettre l’Energy Globe Award pour la France et a reçu la médaille Fresnel de l’AFE.

Le professeur Zissis a été Président du réseau européen COST-529 “Eclairage efficace pour le 21e siècle”, qui regroupait plus de 80 académiques et industriels de 20 pays européens. Il a aussi été président de centre régional Midi-Pyrénées de l’Association Française de l’Eclairage (AFE).
Il a été coordinateur de plusieurs projets Européens (EnERLIn, NumeLiTe), internationaux (NATO, UND/DP, INTAS …) et nationaux (ADEME, Région MiP).
Il a agi comme Expert en chef, mandaté pour la mise en place du programme “Energy Efficient Lighting” de la Fédération de Russie dans le cadre du Programme de Développement des Nations Unies (UN-DP/GEF). Il est par ailleurs rapporteur et membre de jurys pour les programmes nationaux (ANR Prebat, ANR Habissol, ANR Blanc, OSEOANVAR, PIE-CNRS) et internationaux (ETF-Technology Foundation et STW Netherlands, Research Grant Council of Hong Kong, Energimyndigheten-Agence Suédoise de l’Energie, Czech Science Fundation…).
Il est Membre du Editorial Board pour IEEE/OSA Journal of Display Technology et Editeur Associé du IEEE Transactions Industrial Applications Society. Il a été nommé expert par l’AERES pour l’évaluation des activités du CEA/LETI.

Enfin, il a participé aux travaux Membre du Groupe de Travail “LED” de l’Agence Française de la Sécurité Sanitaire des Environnement du Travail (AFSSET) et il est membre Membre du Groupe de Travail B44A “Photocatalyse” de l’Agence Française de Normalisation (AFNOR).

Suite de la résidence : exploration du Tinel
À l’issue de la résidence à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, du 2 au 9 novembre 2011, les Baltazars ont présenté une petite forme scénique élaborée à partir des expérimentations menées durant la résidence, sur le rapport au lieu, à son architecture, à son contexte...
"Le Tinel nous paraît confronter en son sein, dans son architecture-même, l’opposition perpétuelle entre le matériel et le spirituel, entre la rationalité et la religion. C’est cette tension que nous voulons explorer à l’aide de matériaux sensibles, de jeux sur l’espace et sur la perception du spectateur." Voir la vidéo